mercredi 17 décembre 2014

19 - Farrah Fawcett : Interview en dix questions

1 - Raphaël Zacharie de IZARRA il semble que Farrah Fawcett vous obsède quelque peu, seriez-vous amoureux de la belle américaine inhumée il y a plus de cinq ans ?

- Prétendre avoir le “coeur affolé”, ce serait dénaturer la brûlure d’une flamme purement esthétique... En réalité je suis épris de son éclat révolu. D’autant plus ébloui par l’image de cette Eve ayant incarné le ciel, qu’elle est sous terre depuis plus d’un lustre, après la dégradation de sa vénusté sur le tard. Amoureux, est-ce bien le mot ? Mieux ou pire dirais-je, que bêtement entiché... Fasciné par ce rêve qui fut vivant, c’est certain. Je ne peux nier ce qui hante si vivement mon âme de sybarite.

2 - Vous n’avez pas répondu à ma question. Je vous la repose donc : Raphaël Zacharie de IZARRA, êtes-vous amoureux de feue Farrah Fawcett oui ou non ?

- S’il est vrai que je suis indifférent à la souffrance des classes moyennes, imperméable à la détresse de leurs chiens, impassible face aux larmes de leurs enfants, étranger à leurs espérances de bovins, bref égoïste et dédaigneux quant au sort de la gueusaille en général, en revanche je suis particulièrement sensible à la magnificence des astres. Ceci répond-il à votre question ?

3 - Oui et non. Mais passons... Vous êtes un être détestable Raphaël Zacharie de IZARRA. Comment conciliez-vous misanthropie, doublée de misogynie, et culte de la créature d’exception ? Votre machisme extrême n’est-il pas une contradiction voire un frein à toute tentative d’expression lyrique de votre âme décidément faite de glace et de feu pour ne pas dire de miel et d’épines, de fiel et de fleurs ? Associer des extrêmes aussi opposés, n’est-ce pas un impossible mariage entre abyssale régression et fulgurante ascension, entre archaïque enlisement et céleste essor ? Extravagante alchimie, non ?

- C’est bien parce que je méprise la majorité des femmes que je n’en divinise qu’une seule.

4 - Paradoxalement, et c’est bien étrange, celles que vous traitez avec si peu d‘estime et tant de dureté ne vous dénigrent pas toutes...

- En effet et c’est peut-être je crois précisément parce qu’avec virilité, hauteur et autorité, donc avec authenticité, je les remets à leur place originelle qu’elles m’en sont à ce point reconnaissantes. Avoir le courage et l’honnêteté de parler au sexe faible comme on doit lui parler, avec respect mais justesse (sans cet indigne esprit de servitude imposé par le féminisme) est infailliblement récompensé par un retour de l’ordre naturel des choses. Les suffragettes ont beau les déclarer hors-la-loi, les vérités fondamentales sont définitivement enracinées dans nos âmes. Cet aspect intime de nos êtres est viscéral, instinctif, tribal, ancestral, biblique même. Aucun mensonge idéologique ne pourra changer nos gênes. Les enfants d’Aphrodite, on le sait, ont la tête dans les fumées du siècle mais surtout, et ça on l’oublie, les pieds sur terre. Et l’utérus solidement chevillé à leurs certitudes de pondeuses. Ces vénusiennes ont le sens terrien ! Au fond d’elles-mêmes elles aiment entendre le vrai son des vagues de la mer, s’étendre sur le sable, sentir l’écume qui les touche. Les seuls mots qui les enflamment sont ceux de la vérité.

5 - Revenons à Farrah Fawcett. Votre fièvre névrotique à son endroit n’est-elle pas révélatrice de votre esprit égaré ? Folie douce ou hystérie furieuse ?

- Détrompez-vous, il ne s’agit pas de braise mais d’azur. Il ne faut pas confondre le plomb avec l’or : l’étincelle profane produit de la cendre, mon cierge produit de la lumière.

6 - Raphaël Zacharie de IZARRA vous êtes un personnage insaisissable, énigmatique, déconcertant, bizarre diront certains, et vous comment vous percevez-vous vous-même ?

- Je me perçois comme un bel esprit, un être exceptionnel, une plume d’envergure, le prince dominant d’un royaume tout intérieur aux dimensions prodigieuses dont vous n’imaginez pas la beauté. Je me considère ainsi voyez-vous, mais guère plus.

7 - Vous avez le sens de l’humilité très développé dites-moi Raphaël Zacharie de IZARRA...

- C’est par authentique modestie et amour immodéré du vrai que je me dévoile tel que je suis : sans exagérer mes eaux troubles certes, mais sans amoindrir ma gloire non plus. Faire le contraire, ce serait cela la véritable fatuité. Je ne cache ni mes tares ni mes sommets.

8 - Est-ce également par souci d’exactitude, sens  de la justice, justesse de vue, que vous élisez Farrah Fawcett reine de votre panthéon izarrien et dévaluez toutes les autres incarnations féminines, nécessairement “défavorisées” à vos yeux, au rang de gueuses ?

- Précisément. La vraie justice c’est la grâce. L’égalité est une chimère. Ce qui fait le prix du zénith, c’est son reflet provocateur dans la fange. S’il n’y avait pas de criantes inégalités de naissance entre les êtres, notre monde serait un enfer peuplé de clones insipides. Sans laideur, point de sublimité ! Sans injustice atavique, pas de miracles natifs... La misère est une iniquité, la splendeur aussi. L’une et l’autre tombent sur les individus gratuitement; arbitrairement, sans nulle distinction.

9 - En somme vous êtes, Raphaël Zacharie de IZARRA, un fou d’idéale harmonie, d’élitiste élévation, d’extatique ivresse et à travers cette délirante contemplation du visage de Farrah Fawcett, vous semblez vivre - ou vouloir vivre- dans un songe permanent...

- Je me nourris du Beau. A travers cette obsession de Farrah Fawcett, il y a des raisons secondaires nuancées mais aussi une franche soif de vision béatifique !

10 - Et qu’avez-vous prévu pour la suite ? Demeurerez-vous éternellement dans vos rêveries ou bien en sortirez-vous enfin ? Allez-vous vous réveiller un jour pour aller turbiner à l’usine comme tout le monde ? Au lieu de rêvasser inutilement du haut de votre tour imprenable, coupée de la réalité, vous déciderez-vous d’aller couvrir vos doigts d’oisif avec du bon gros cambouis de travailleur manuel ?

- Je ne crois pas, non. Je suis très heureux dans mes cimes cérébrales vous savez, pourquoi donc devrais-je en redescendre ? Pour singer les masses laborieuses ? Ha ça, jamais de la vie ! Quelle horreur ! Mon ciel izarrien me tient lieu de sol. J’y suis depuis si longtemps, depuis une éternité à vrai dire, que j’y ai pris racine.

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samedi 13 décembre 2014

18 - L'astre est apparu puis s'est éteint

Farrah Fawcett tu étais belle, rayonnante, magnétique, tu es morte, ton sourire est devenu une grimace figée, un crâne au sommet d’un squelette étendu sous la tombe. Tu fus magnifique, tu n'es plus qu'ossements.

Tu étais un astre, une féminine splendeur, une angélique conception, tes restes sont sous la terre, désagrégés, anéantis après avoir connu la pourriture.

Tes lèvres étaient l’azur, l’onde, le marbre, elles ne sont plus que poussière, dévorées par le ver de la mort. 

Ton corps est inhumé. Ce qui fut merveille est enterré, détruit, et jamais plus ne reviendra sur Terre. Ta jeunesse fut radieuse, tes yeux étaient comme deux soleils, ou deux lunes, ils sont deux trous noirs et vides sous la stèle. Deux orbites sans vie qui fixent une éternité immobile. 

Dans ce théâtre de la matière les apparences sont cruelles et moi j'ai été fasciné par le fétu de paille emporté dans le mouvement cosmique, par l'empreinte des grands principes sur les choses humbles : l'éveil de la fleur, la fuite des nuages, la fugitivité des vagues, la chute du papillon. 

Tu es morte, ta jeunesse a péri, ton éclat a été détruit, tes charmes ont disparu pour toujours, ensevelis sous le tombeau. La Camarde t’a emportée et j’ignore où tu es... Avec les autres trépassés de la Terre. Avec eux oui, mais je ne sais où... 

Tu incarnais le miracle : tu étais la rose, tu étais le diamant, tu étais le ciel. 

Loin de notre monde, là-bas, tout près des étoiles, de ces autres étoiles dans un firmament différent du nôtre, je te souhaite la lumière, la beauté retrouvée, l’éternité.

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http://www.dailymotion.com/video/x2ch0g7_l-astre-est-apparu-et-s-est-eteint-raphael-zacharie-de-izarra_school

mercredi 8 octobre 2014

17 - Les flaques de mars

Belle était la défunte, noir était le ciel.

Troublé, songeant à l’inhumée, je cherchais à fuir ces heures. Mon pas résonnait tristement dans les flaques de pluie.

Etrange effet de l’accablement : progressivement le crépuscule de mars, doux comme le cadavre, enchantait mon âme en deuil.

Elle gisait au fond de son tombeau depuis la veille et moi je marchais, les pensées légères en ce soir où tout pourtant n’était que larmes. Dans la nuit humide je me remémorais ses cheveux, ses traits, ses yeux.

A force de jouer avec les nappes d’onde au sol, mes semelles se gonflaient d’eau. Et un inexplicable délice montait en moi, comme si une rose s’enroulait autour de mon coeur pour l’embrasser de ses épines.

Sa dépouille devait être bien blanche et toute glacée dans sa sépulture, pensais-je, tandis que, désinvolte, mon pied faisait de molles éclaboussures. La gravité avait quitté mon front, mes chaussures trempées occupaient de plus en plus mon esprit.

Nous étions en cette période intermédiaire de l’année que je redoutais tant à cause de sa morbidité.

Et que j’attendais avec feu, exactement pour la même raison...

La saison des giboulées est une de mes sources d’ivresse austère : c’est une fête morose des éléments qui me caresse, une grisaille pleine d’éclats qui me blesse. Le temps béni et maudit du spleen, entre nuages vifs et azur sombre. Banales agitations météorologiques provoquant chez moi de véritables ébranlements, d’intenses brumes, de profonds mouvements intérieurs...

Bref, le mois de mars est un beau chant sinistre pour esthètes mélancoliques.

De plus en plus absorbé par les minuscules mares éphémères sur mon passage, un monde mouillé, argenté et chantant pénétrait ma conscience et se superposait à l’autre monde, derrière moi. (L’eau sous mes pieds ne se substituait pas à la tombe, elle ne l’effaçait pas ni ne la brouillait, non, je dis bien qu’elle s’y ajoutait.)

A travers les vaguelettes produites par mon talon, je faisais le lien-peu évident, certes complexe mais cependant bien tangible-entre le flic flac de la vie aqueuse et le silence des corps rendus à la poussière.

Son pur, clair et familier des gouttes s’éparpillant sur le trottoir, issues de la même réalité qu’une morte étendue sous la terre, muette, invisible. La palpitation qui rencontre la pétrification comme le bleu côtoie la tourmente et la lumière croise la glace lorsque sur nos têtes s’abat la grêle et que dans nos villes apparaissent les milliers de flaques où se reflètent chacun de nos visages, en pleurs ou pleins de rires.

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http://www.dailymotion.com/video/x27fqyo_les-flaques-de-mars-raphael-zacharie-de-izarra_webcam

dimanche 7 septembre 2014

16 - Farrah Fawcett, morte et enterrée

Verte crinière et mâchoire d’acier, ainsi se présentait, en pleine gloire, la poire de Farrah Fawcett.

De son seul sourire minéral, elle pétrifiait grenouilles sidérales et mâles esthètes.

Bonne fée charmant cailloux célestes et astres de la Terre, cette Vénus squelettique rayonnait comme un soleil. Elle avait, quand sa jeunesse la faisait briller, la face carrée et la lèvre haute des femmes inattendues.

Elle apparaissait maigre et magnétique tel un spectre de l’Olympe.

La beauté “électrocutante“ de ce papillon carnassier me constipe de fascination et me fait dégueuler mes mots les plus “argilesques”, comme des poteries funéraires.

Morte, l’ex-Aphrodite aux ailes de marbre et au regard de batracien s’est muée en ineffaçable légende sidérale. Désormais la Voie Lactée coasse son nom et reflète sa chevelure de sable et d’écume.

Dans la tombe, Farrah Fawcett me fait songer non seulement à l’éternité de l’azur qui renaît chaque matin et à la cendre statufiée des jours ensevelis par les siècles mais également à la rosée qui abreuve le silex et aux ténèbres révélant les étoiles.

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http://www.dailymotion.com/video/x25fdsg_farrah-fawcett-morte-et-enterree-raphael-zacharie-de-izarra_webcam

https://www.youtube.com/watch?v=UdRVTnR5oK8

mardi 24 juin 2014

15 - Neuf questions capitales à propos d'une morte

Un esprit curieux et avisé -le cerveau d’une femme pour être exact- ose me mettre face à ma propre lumière -ou à mon obscurité- en neuf questions percutantes, ambiguës, drôles, graves, légères, dérangeantes. J’y réponds avec d’autant plus de coeur.

1 - Si Farrah Fawcett avait eu votre âge et avait vécu en France, comment auriez-vous imaginé une possible histoire entre vous et elle ? Amoureuse, chaste, mystique ?

Apprenez que je n’ai pas le monopole esthétique de cette farce yankee. Et puis laissez donc à l’Amérique ses rêves de demi-déesses chevelues, ses pantins de fard et de toc, ses légendes d’artifice et ses héroïnes de strass, bref son imaginaire frelaté, scories étriquées d’un monde sans limite trop vite conquis par des déracinés. La France est avant tout un pays de fromages, de vignes et de vraie culture et votre belle Farrah Fawcett n’aurait pas fait long feu avec ses mèches trop vives pour notre pays à l’héritage plus olympien qu’hollywoodien ! Dans ces circonstances oubliez vite vos imbécillités romantiques. IZARRA n’est pas un moineau des sous-bois mais un aigle des hauteurs. Cela dit si Farrah Fawcett avait été française, fatalement elle aurait été moins américanisée et donc beaucoup plus hellène, ce qui est parfaitement normal en France.

2 - Imaginez une relation d'amour entre vous et l’inaccessible Farrah Fawcett... Sous quel signe verriez-vous cet hyménée ? Accomplissement, frustration, joie, cruauté ?

Je verrais cette aventure esthético-poétique sous le signe de l’élévation, de l’idéal, du divin. Ma véritable nature se révèle inévitablement sous l’effet de la lumière.

3 - On ne sait pas exactement quelles étaient les qualités morales de la magnétique créature qui vous fascine tant, mais lorsque vous songez à elle, quels sont les diamants que vous lui attribuez ?

Déesse par l’éclat, proche des Dupont par les moeurs, votre Farrah Fawcett tient autant de l’impératrice que de la gueuse. Sophistiquée d’un côté, commune de l’autre, comment voulez-vous que j’attribue à cette mortelle (déjà morte d’ailleurs) des vertus spéciales ? Sa vénusté, aussi stellaire fût-elle, malheureusement ne lui conféra pas la moindre grâce morale ou perfectibilité de l’âme. En théorie du moins... En effet je conçois aisément que dans les faits la flamme visible fasse naître la chaleur intérieure. C’est ce que j’appelle le “miracle de la beauté”. C’est le grand avantage pour une femme d’être née sous les baisers de Vénus. Pour répondre à votre question je dirais, finalement, que selon moi la fée avait des éveils radieux par-delà ses us roturiers.

4 - Pouvez- vous esquisser une scène d'amour onirique avec elle ?

Est-il question d’amour dans ma fascination pour ce défunt papillon sidéral ? Et pourquoi pas d’amourette pendant que vous y êtes ? Décidément vous sous-estimez l’esthète sublime que je suis !

5 - Pensez-vous qu'elle aurait aimé lire vos textes ?

Oui je crois. Ma plume répondant directement à sa clarté, Farrah Fawcett se serait vue à travers mes mots comme dans un parfait miroir, tel un soleil se reflétant sur un autre soleil. Dans ces cas-là il y a une “dynamique du Beau”. Pareillement à l’onde qui reflète le Ciel et engendre un autre azur, tout aussi infini.

6 - Laquelle de vos qualités aurait pu séduire l’extatique blonde ?

Aucune. Ou toutes. Je veux dire que mes qualités -comme mes défauts- sont si aiguës, si loin des herbes ordinaires qu’elles piquent comme des épines. Peu d’êtres savent m’apprécier dans mes sommets : je donne le vertige à trop de coeurs sensibles.

7 - Lequel de vos défauts aurait pu l'éloigner de vous ?

Mon excessive volonté de faire l’ange. Ma folie des grandeurs célestes. Mes délires de noblesse et de perfection me rendent glacial, inhumain, invivable.

8 - Pensez-vous que de là-haut, elle vous voie, vous entende ? Pensez-vous qu'elle soit charmée par votre izarrienne obsession de ses attraits éteints ?

Je ne pense rien à ce sujet. Je ne fais pas parler les trépassés. Je ne leur prête nulle oreille particulière, pas de regard souverain, pas plus de transports intimes. Ceux qui gisent en terre sont, dans l’autre monde, aussi légers, impalpables et essentiels que des poèmes. Errants pour certains, irradiants pour d’autres. Nos lourdeurs d’incarnés ne les intéressent guère je crois.

9 - Songez-vous a écrire un texte intitulé “LETTRE D’AMOUR Á FARRAH FAWCETT ?”

Pas le moins du monde. Je laisse ce genre de sujet insipide aux écervelés, aux sentimentaux et autres inconsistants peuplant ce monde de demi-vivants.

mardi 10 juin 2014

14 - Farrah, l'autre facette

La simple vue du visage vénusiaque de Farrah Fawcett fait systématiquement remontrer mes chaussettes avachies, figées par la force d’inertie de leur molle errance au niveau de mes orteils.

La vision béatifique de la face de cette fée morte depuis un lustre fait aussitôt durcir ma plume agitée et m’inspire les mots les plus vinaigrés de ma salade verbale.

Farrah Fawcett est une défunte vestale au regard sélénien paré de la lumière acide et éblouissante émanant du jus de citron, comme un coulis de feu sur un champ de tournesols. Lequel nectar citrique est irrémédiablement opposé au tiède jaune de la fade, ovale et banale banane tachetée que certains esprits peu avisés seraient tentés d’éplucher pour évoquer cette enfant d’Hélios.

Je n’associe point cette Eve yankee au doucereux, sédatif et lactescent fruit oblongue mais à l’éclat piquant du soleil aqueux qui fait briller nos assiettes de laitue.

Le citron, non la banane, tel est l’astre horticole ceignant son front hier palpitant, aujourd’hui sous la tombe !

Les traits stellaires de la vive texane devenue ossements éclaire mon âme d’une flamme pareille à celle donnant le sourire aux citrouilles de nos jardins, le dernier soir d’octobre.

C’est l’autre facette de Farrah que je présente en ces termes. L’aspect différent, vrai, cru, vif, celui des lettres, astral et irradiant, nivéen et brûlant, de la fosse où gisent ses restes pour la terrestre éternité.

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lundi 12 mai 2014

13 - Farrah Fawcett sous le scalpel

Sur son front, pas encore de rides. Dans son regard, des pensées qu’on espère fort peu béotiennes. Sur ses joues, aucun bouton d’acné.

Et entre ses lèvres, des mots qu’on aimerait grecs, latins ou araméens.

Malheureusement cette perle parle la langue yankee.

Autour d’elle, des cheveux. Partout. Un peu trop même, diront certains.

Ca c’était avant qu’elle ne soit morte. Lorsqu’elle était encore jeune. Et belle. Belle comme la Lune, là-bas, très haut dans le ciel. C’était il y a pas mal de temps car en vieillissant, la potiche est devenue une marmite.

On aime on ou déteste ce genre. Moi je ne suis pas indifférent, mais je fais quand même une enivrante indigestion de cette blonde. Ou plutôt, une esthétique fixation sur cette cette poupée radieuse vite flétrie.

Enfin bref, cette Farrah Fawcett me rappelle mes chaussettes. Ou bien la facette d’or des choses rares. Et même la fosse à rats.

Farrah Fawcett est mon fantôme littéraire, poétique, onirique. Une ombre qui rappelle la lumière. Un sourire incompatible avec l’idée d’aller aux toilettes. Une hanteuse d’aristocrates constipés.

Je la scrute, la sculpte, l’ausculte, la cisèle, la dissèque, la scalpe.

J’ai beau la retourner sous tous les angles : Farrah Fawcett est là, dans mon dos, intacte avec son air d’oiseau, fardeau plastique que je traîne du bout de ma plume.

Tel est l’héritage empoisonné du sybarite que je suis. Touché par les grâces de la texane à la mâchoire d’ogresse et à la chevelure de fée, je suis condamné à dégueuler de la Farrah Fawcett de l’aube à l’heure vespérale, et même d’en rêver la nuit, ce qui est avantageusement laxatif pour la pensée qui ainsi de jour en jour s’allège, s’élève, se “plumifie” pour le plus grand bonheur de tous les volatiles d’envergure que je croise sur la route izarrienne.

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12 - Laideur du diable, beauté de l'ange

Au charme maléfique du chanteur transexuel à la face hirsute, séduisant provocateur entre sirène et loup sachant envoûter les foules sans défense morale ni éducation esthétique, j’oppose l’éclat angélique du visage de Farrah Fawcett qui rayonne d’une beauté claire faite de lumière, non d’ombres.

Des traits femelles sans malice, une vénusté naturelle, une Eve éternelle au front virginal, au regard sain, au sourire comme un cierge au lieu de ce monstre velu sorti de l’antre de nos hérésies en vogue !

Le ravissement que provoque la flamme fawcettienne prend sa source non dans la merde du LGBT mais dans les “gènes du Cosmos”.

Ses grâces sont issues du coeur des astres, du plus profond de l’Univers, de la main créatrice de Dieu. Et conformément aux lois implacables magnifiquement ordonnées de la vie ici-bas, elles sont retombées en poussière dans le tombeau.

Ce qui fait tout le prix de l’éphémère efflorescence terrestre.

Tandis que l’ensorcelante laideur de Conchita Wurst, troublante créature de mensonge et d’inversion, statue d’artifices hormonées, provient du burin pernicieux d’idéologues pervers ayant décrété que pour plaire au Soleil des gauchistes, Mars devait singer Vénus...

Non, contrairement à ce qu’on prétend, le diable n’est pas beau. Il est même fort laid. Sauf que ce sont ses adeptes qui ont la vue déformée.

Conchita Wurst est une vaste blague à barbe que des millions d‘adultes naïfs prennent au sérieux.

Ceux qui se laissent éblouir par ce Christ inversé à la chevelure d’amante fatale ne sont que les pigeons d’une civilisation qui vide leur cervelle mode après mode...

Conchita Wurst n’est que le pantin (volontaire ou non) des LGBT. Il incarne les aspirations dénaturées des masses embrigadées par des imposteurs au pouvoir.

Entre le carnavalesque, grotesque, pileux Conchita Wurst et la séraphique Farrah Fawcett -et mieux vaut en rire- il y a des “progressistes” qui succombent du “bon côté”.

11 - Farrah Fawcett plus qu'anti-escargotique

Je crois que Farrah Fawcett était une superbe femme tout à fait raphaëlique. Et ce, en dépit des vieilles idées reçues ou des plus immédiates apparences.

Je m’explique.

Qu’appelé-je “une vénusté raphaëlique” ?

C’est très simple. Une créature raphaëlique, c’est Farrah Fawcett. Sans aucune référence ni avant ni après elle.

Une chimère palpable faite de chair et de rêves, d’électrique beauté et d’azuréenne émanations.

Un charme anti-asticotien par excellence.

Anti-escargotique me corrigeront certains esprits moins subtils, croyant faire preuve d’érudition. Hé bien je persiste à soutenir qu’“anti-asticotien” est le terme le mieux approprié. Le sujet est pointu, l’affaire sensible : il s’agit de célestes échos si bien incarnés par les traits fawcettiens donc je mets un point d’honneur (mais aussi dans un souci d’honnêteté purement linguistique) à émettre en ces circonstances des vocables précis.

Du fond de sa sépulture les restes jaunis de la magnétique texane à la mâchoire ample et anguleuse démentent, au premier abord, le qualificatif “anti-asticotien”, certes.

Mais le côté intensément raphaëlique de celle qui de son vivant fut par son féminin et asexuel éclat l’égale des astres non seulement galactiques mais également extra-galactiques, fait faire abstraction aux esprits supérieurs de l’oeuvre “mollusquière” sur ses os. Le ver du tombeau ne ronge que ce que l’oeil du profane capte.

Mais le ver laisse intact le verbe.

En cela j’affirme que Farrah Fawcett vivait sous d’invisibles mais puissants principes prioritairement raphaëliques.

La poésie est dans le mot plus que dans le ventre.

La musique dégagée par le front de feue Farrah Fawcett équivaut au son doux et mélodieux d’une flûte résolument anti-asticotienne.

La vérité lyrique est dans le langage suprême. Pour cette raison je pense que Farrah Fawcett était avant tout une conception anti-asticotienne hautement raphaëlique.

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http://www.dailymotion.com/video/x1tmji9_farrah-fawcett-plus-qu-anti-escargotique-raphael-zacharie-de-izarra_webcam

https://www.youtube.com/watch?v=n90IxMk-z3M

mardi 25 février 2014

10 - Soupe de Farrah Fawcett

Mon assiette de nouilles jaunes me rappelle sa chevelure aux reflets de beurre et dans mon verre d’eau mêlée de sirop de menthe je retrouve son regard trouble.

Lorsque je bave du jaune d’oeuf sur mon col, ses yeux légèrement globuleux m’apparaissent, s’imposant en mon esprit comme deux cocos azurés.

Plus concrètement, l’image de Farrah Fawcett se cache aussi dans ma soupe aux navets et légumes jardiniers quand, aux heures aériennes de ma vie de gastronome avisé, le haricot vert bien cuit se mêle avec délices à la frêle tomate des derniers jours d’août.

Les trésors de mon potager sarthois me font songer à sa beauté germinale.

Tandis que la citrouille dorée me fixe avec placidité depuis le sol, je plaque sur sa face acide le sourire horticole de la vénusiaque conception.

Le visage séraphique qu’entouraient les mèches solaires de cette trépassée, je le perçois encore dans la suavité de mon gâteau melliflu.

Mais depuis que le ver rongea sa chair morte et que la terre nécrophage anéantit ses restes, elle renaît dix, cent fois en prenant d’autres apparences terrestre : à travers la fraiche chlorophylle et la vive fibre végétale qui verdissent les cimetières.

Car, comme tous les êtres dévorés par la tombe, sa présence sur Terre se dilue ou se concentre, se ramifie sous les aspects lyriques d’herbes folles et de fleurs sauvages.

Mais aussi, potentiellement, sous formes utiles de feuilles de laitues et de chair de patates dans les mets que je savoure lentement avec des rêveries étranges en tête, les soirs de longues dégustations pensives...

Et c’est là que mon humble potage du soir prend un sens singulièrement fawcettien.

A travers ce bouillon d’éléments recyclés par la bienfaisante nature, très indirectement mais très réellement j’avale de la lumière, m’alimente de symboles, me gave de beauté.

mardi 4 février 2014

9 - Quelques vues éparses

Raphaël Zacharie de IZARRA vous avez une prédilection affirmée pour les chanteuses mortes, les vénustés décédées, les exquises trépassées... La Camarde aurait-elle à vos yeux des charmes inavouables pour éprouver à son égard de si morbides transports ?

Détrompez-vous. Il se trouve que ma sensibilité izarrienne (qu’un vif souci esthétique motive et enflamme) est verticalement dirigée vers des sujets qui ne sont plus de monde, c’est un pur hasard. Mais je vois où vous voulez en venir. Vous faites allusion, je suppose, à feue madame Fawcett ?

Cette dinde hollywoodienne vous fascine prodigieusement, vous ne pouvez le nier Raphaël Zacharie de IZARRA. Pourrait-on en savoir un peu plus sur cette singularité de votre personnalité ?

Cette morte mondaine me captive, monopolise tous mes feux, en effet. Simple faiblesse d’esthète ou fulgurance mystico-amoureuse, qui saura ? Toutefois tout n’est pas perdu pour découvrir la vérité : l’explication à ce mystère se trouve sur la face cachée de la Lune. Si mes lecteurs souhaitent satisfaire leur légitime curiosité à propos de ma fascination pour la beauté de Farrah Fawcett, il leur suffit d’aller voir sur place, à 400 000 kilomètres de là.

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Obsédé par la Camarde, horrifié par la beauté qui devient pourriture, Farrah Fawcett est son plus doux cauchemar. Il s'extasie en s'enivrant de bière sur sa lumière révolue, médite en bavant d'épouvante sur son sourire devenu ordure.

En passant de la gloire vénusiaque à l'horreur du tombeau, de la caresse de Râ au cloaque de la sépulture, du baiser des hommes à la morsure du ver, Farrah Fawcett a su, de toute évidence, percer la carapace étincelante de notre héros décidément aussi détestable qu'attachant...

Seul le sort des papillons le touche : il faut qu'un ange trépasse pour qu'il frémisse.

La destiné des éternelles chenilles le laisse insensible.

8 - IZARRA en profondeur

Je réponds à quelques questions posées par une journaliste faisant visiblement une fixation sur mes orientations fawcetiennes...

1 - Raphaël Zacharie de IZARRA, on peut tous constater que votre plume tourne assez souvent autour de feue Farrah Fawcett, une espèce de demi-mondaine hollywoodienne insignifiante quant au talent mais dont l’éclat révolu semble vous fasciner au-delà du raisonnable. Avez-vous pensé a écrire un texte uniquement en vous inspirant de la beauté de Farrah Fawcett sans y mentionner son nom, (une lettre poétique adressée aux étoiles, par exemple) ?

La beauté de Farrah Fawcett est issue de la même source universelle qui humecte le Cosmos, arrose les esprits, inonde les âmes. Quand je parle de limaces baveuses, de vieilles oranges juteuses ou de clochards qui postillonnent, je parle de la même chose. Les crachats du mollusque glissant sur l’excrément ou sur la feuille de salade, le fruit pourri qui pisse sa lumière  fermentée ou le mendiant qui éclabousse ses interlocuteurs sont des formes, communes ou extrêmes, de la Beauté. Jusqu’à l’humour qui lui aussi est un aspect de l’éclat divin. Parler du magnétisme de Farrah Fawcett, de l’intérieur gluant des vers de terre ou des océans bleus des mers du Sud, c’est évoquer le miracle suprême que constitue la vie, sous tels ou tels angles, lesquels sont tous glorieux.

2 - Lorsque vous avez été ébloui par la beauté fawcetienne, n’avez-vous jamais pris cet éclair intime comme le point de départ d'un cheminement aboutissant à quelque sommet suprême ? Idée ou personne ?

Assurément. Mais ceci à  l’insu de ma raison, de manière obscure, subtile et onirique. Je fus la graine enfouie percevant la lumière solaire. Tout était en moi, en germe. Et tout allait fleurir sous la caresse nourricière de l’astre. Je naissais et j’avais l’infini à découvrir. La beauté est le point de départ d’un cheminement sans borne.

3 - Etant donné que vous avez exprimé ce culte izarrien pour l’astre texan juste après son extinction, on pourrait croire qu’en esthète véritable vous respectez la Beauté au point de la tenir a distance, voire de la rétablir sur son trône originel : dans le Ciel. Vous parlez dans vos écrits d'un "hymen dans le formol" qui correspondrait a votre idée de l'Amour. Pourriez-vous nous éclairer  sur cette affaire, maitre ?

Morte, la plante devient un marbre. Cela dit cette femme avait des aspects forts béotiens, il faut le reconnaître, une fois sa gloire passée. Cette fleur qui fut magnifique durant sa jeunesse, hérita en vieillissant des détestables stigmates de la plèbe. Vénus est descendue sur Terre, malheureusement ce fut en Amérique du Nord, d’où sa corruption accélérée. Qu’importe ! De ce chardon précoce je ne retiens que la rose. Mon appréhension du beau, à ce niveau d’élévation, devient quasi mystique Les étoiles sont intouchables, en effet. Hors de portée du jugement humain. Farrah Fawcett porta en elle un olympien éclat. Même s’il fut éphémère, il a marqué l’éternité de son indélébile empreinte. Je ne peux approcher de cette statue de chair qu’avec un front clair, un regard pur, des mains dévotieuses. Quant à cette histoire de formol, c’est une autre manière de voir la chose, sur le mode humoristique...

4 - Comment voulez-vous que vos lecteurs perçoivent cette étrange attirance vôtre pour Farrah Fawcett ? Comme un mystère ou comme le témoignage inattendu de votre caractère de poète ?

Il n’y a rien d‘étrange dans ce phénomène esthétique extrême, au contraire. Rien de plus naturel que ce choc cosmique né de la rencontre entre le Soleil et la Lune. Ici les grands principes de la Création s’ordonnent. Ce qui aurait été étrange, c’est que les grandes causes se repoussent au lieu de danser ensemble... Quand la lyre croise le papillon, que voulez-vous qu’il naisse d’autre qu’un chant dédié à l’absolu ?

Que comprenez-vous, cher Maitre de la plume par phénomène esthétique extrême” ? Une réalité totale ? Supérieure ? Outrancière ? Dangereuse ?

Je veux parler de l’alchimie des grandes choses : la beauté fawwcetienne rencontrant l’esprit izarrien.

5 - Cette série d'interviews représente-t-elle pour vous un privilège de sonder l’arcane fawcettienne, ou permet-elle plutôt de faire naitre d'autres questions ?

C’est vous qui me posez ces questions, j’accepte d’y répondre car j’ai une cause à vendre. Et cette cause, c’est l’éclat du Ciel.

6 - Avez-vous des échos de la part de votre lectorat ? Comment perçoivent ceux qui vous admirent ou vous détestent cette obsession pour la belle blonde ?

Oui je reçois des manifestations d’incompréhension. Mes laudateurs estiment inadéquats ces feux izarriens à l’endroit de celle qu’ils prennent pour une moindre chose esthétique, mes détracteurs raillent avec férocité ce qu’ils décrètent comme une forme aiguë de déchéance izarrienne. A ces incrédules je réponds que la Lune est aussi durable que son étoile qui l’éclaire. Les mouvements célestes s’opèrent hors de portée humaine. Dans le silence des hauteurs zénithales, les ballets sidéraux ne s’offrent qu’aux regards perçants.

7 - Comment voulez-vous tirer votre lectorat vers les hauteurs a travers ce mythe fawcettien ?

A travers ce trésor divin qu’est la Beauté, je souhaite tout simplement témoigner que l’essentiel est au-dessus de nos têtes et ainsi donner l’exemple de l’ascension intérieure. Je veux contribuer à l’éveil des consciences, à l’élévation des âmes. Donner aux matérialistes l’envie de l’azur spirituel, communiquer aux bipèdes rampants le goût des sommets, autrement dit donner des ailes à tous les zèbres de la Terre.

VOIR LA VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/x205ryk_izarra-en-profondeur-raphael-zacharie-de-izarra_webcam

https://www.youtube.com/watch?v=MeFLFUBJfiE

7 - Douze questions sur Farrah Fawcett

Je réponds avec modestie et sincérité aux questions d’une journaliste intriguée par mes obsessions fawcettiennes...

1 - Raphaël Zacharie de Izarra, la Poésie est présente partout dans votre vie et création littéraire. Comment intégrez-vous la beauté de Farrah Fawcett dans ce contexte ?

La beauté lorsqu’elle atteint un certain degré d’élévation devient pur azur, un principe strictement aérien. La hauteur esthétique, c’est aussi la cime poétique voyez-vous. Le vertige de l’harmonie extrême rejoint les sommets de l’ivresse olympienne. C’est aussi simple et vrai que cela. La beauté inégalée de Farrah Fawcett a par conséquent la première place dans le vaste mais hyper sélectif panthéon izarrien.

2 - Vous parlez dans vos textes de la "beauté chaste" de Farrah Fawcett. D’où vous vient cette idée de chasteté associée au visage de celle qui fut surtout considérée comme un sexe-symbole hollywoodien ?

Mon regard n’est ici évidemment pas celui d’un profane. C’est le point de vue élitiste et la sensibilité aiguë d’un grand initié. Pour moi Farrah Fawcett n’a jamais été un sexe-symbole. Plutôt une dinde hollywoodienne farcie de stéréotypes. Mais sous ses artifices criards de boulevardière emperruquée à la mode yankee, c’est la Eve cosmique qui parut. A partir de là, il n’est plus question de parler de sexe mais de sublime, de féminilité désincarnée. Ou de haute désincarnation sexuelle, de pulvérisation féminine, d’atomisation séraphique de la chair mortelle.

3 - Certaines voix vous accusent d'avoir utilisé l'image d'une "Barbie hollywoodienne" médiocre et artificielle pour en meubler stérilement le net. Ces mêmes voix vous soupçonnent également d’entretenir des feux malsains à son égard depuis qu’elle est décédée. Que pouvez vous leur répondre ? Seriez-vous superficiel dans vos choix esthétiques ou éprouveriez-vous une fascination morbide à l’endroit de sa défunte personne ?

On pourrait en effet interpréter mon comportement obsessionnel comme une sorte de fascination morbide -somme toute assez banale- pour la beauté terrestre devenue pourriture. Mais en fait c’est beaucoup plus complexe que cela. La mort pour les esprits supérieurs de mon espèce c’est aussi la “mise en lumière” de la vie terrestre, si je puis dire. Si fascination il y a, et il y a fascination je ne peux le nier, ce n’est pas surtout dans le sens de la fleur qui devient fumier -la mort physique donc- mais dans le sens du fumier producteur de “vapeurs spirituelles”. Après la destruction physique du corps, place à l’éther ! Les gaz de la mort, c’est aussi l’image de l’esprit s’échappant du tombeau. La beauté fawcettienne, devenue ossements, n’a plus lieu d’être. Ne reste que l’essentiel, impalpable. La beauté sans plus de support visible. Vous savez c’est comme un château de sable après le déluge : les grains sont éparpillés, il ne demeure que le souvenir du fragile édifice englouti par l’océan, une fumée mnésique qui concrètement ne représente même plus une ombre et qui pourtant constitue le socle de la pensée future de l’enfant portant encore dans son coeur cette si éphémère conception idéalisée... Je ne cesse de répéter ce que disait avant moi Saint-Exupéry : “l’essentiel est invisible pour les yeux”. J’en reviens toujours là.

4 - De quelle manière associez-vous Farrah Fawcett à la lumière ? Quel a été le mécanisme subtil qui vous a poussé à cette adoration ?

Il serait certes facile d’évoquer l’éclat de sa toilette sophistiquée. Cependant le rehaussement de sa beauté naturelle par le fard superficiel va dans le même sens ascendant : tout chez elle participe au triomphe du beau. Après tout que ce soit par voie ordinaire ou sacrée, l’important n’est-il pas que les regards s’élèvent ? Sous la flamboyante chevelure d’or et de lumière, la cervelle fut moins brillante toutefois. Ce qui prouve que le salut, du moins chez la femelle créature, passe prioritairement par la beauté, non par la pénétration intellectuelle et qu’en cela la beauté est une cause supérieure.

5 - On sait que cette fascination pour Farrah Fawcett remonte à votre enfance. Pouvez-vous dévoiler, pour vos lecteurs, d’autres sources d’éblouissement ayant pris racine dans le paradis de l'enfance ?

Je n'en vois pas d'autres. Ou alors je les ai oubliées.

6 - Vous avez  donc été fasciné par la beauté de Farrah Fawcett dans votre enfance, mais vous n’avez commencé a en parler qu’après sa mort. Pourquoi cette obsession esthétique ne s'est-elle pas déclarée plus tôt que ça, lorsqu'elle était encore vivante ?

La mort justifie bien des attitudes étranges, paradoxales ou baroques savez-vous...

7 - Comment cet obsédant amour de la Beauté a-t-il marqué votre création littéraire ?

Aussi simplement - et impénétrablement - que l'authentique esthète est toujours inspiré par ce qui le touche au plus profond de lui.

8 - Que répondez-vous à ceux qui ne voient en Farrah Fawcett que le rouage central d’un système mercantile bien huilé -cynique et manipulateur- tournant à plein régime, l’image d’une divinité de pacotille propulsée au firmament des séries B par une vulgaire publicité pour de la pâte dentifrice, le symbole même d’une beauté frelatée conçue pour une implacable exploitation commerciale ?

Je leur réponds que la beauté est irréductible et que le reste n'est que pollution, perversions ou trivialités. Certes la beauté de Farrah Fawcett a été exploitée jusqu'au dernier dollar mais peu importe. Est-ce que le soleil se soucie que des financiers fixent aussi arbitrairement que follement le prix de ses rayons ? Il brille, c'est tout.

9 - Vous n'avez encore écrit aucun texte onirique sur Farrah Fawcett, n’avez-vous jamais songé a cette possibilité ?

La beauté de Farrah Fawcett est en soi un voyage intérieur.

10 - En parlant d’onirisme, n’avez-vous jamais rêvé de Farrah Fawcett ?

Si j'en ai rêvé je n'en ai pas le moindre souvenir.  Cela dit, le fait serait parfaitement anecdotique. Votre question est d'une totale insignifiance, permettez-moi de vous le signifier et même de douter de votre talent de journaliste... Ou alors c'est parce que vous êtes une femme que vous me posez une question aussi inepte.

11 - Maître, on sait que la cinématographie hollywoodienne vous insupporte particulièrement. Avez-vous vu une oeuvre issue de la filmographie de cette actrice ? Si oui, laquelle ?

Oui, j'ai d'ailleurs oublié le titre de l'unique film hollywoodien dans lequel j'ai pu voir jouer ce mince volatile. C'était une production  filmique insipide. La comédienne fut médiocre dans ce rôle tardif et sa beauté déjà déclinante.

12 - Seriez-vous d'accord, Raphaël Zacharie de Izarra, pour que l’on continue cette interview avec une autre série de questions sur Farrah Fawcett et votre activité littéraire, un autre jour ?

Avec grand plaisir, à condition que vos prochaines questions soient plus intelligentes que vous. Quand on n'a pas hérité de la beauté fawcetienne madame, on se rattrape sur l'esprit.

6 - L'interview profonde

Interview de Raphaël Zacharie de IZARRA par Noëlle Simono du journal “Le Monde” (édition du mercredi 12 octobre 2011)

Raphaël Zacharie de IZARRA, allez-vous enfin éclaircir le mystère embaumant votre personnage si fameux ? Les journalistes se perdent en conjectures à votre sujet. Vous répondez scrupuleusement à chacune de leurs questions et pourtant nul ne parvient à vous cerner tant vos réponses prêtent à maintes interprétations, toutes contradictoires... Personne n’arrive à vous situer exactement. A droite ? A gauche ? Sur la Lune ? Ici ? Là-bas ? Nulle part ? Quand allez-vous cesser de nous faire tourner autour de votre nombril, de votre particule, de votre Farrah Fawcett, de vos chères “vérités féroces” comme vous dites vous-même sur votre excellent blog IZARRALUNE ?

Je suis très clair pourtant avec les reporters. Ce n’est pas de ma faute si ce siècle est aux demi-vérités, aux molles paroles, aux tièdes mythes. Voilà, je suis le défenseur de la veuve et de l’orphelin, même si personnellement je n’ai pas de particulière sympathie ou indulgence envers les indigents et les pupilles. Je suis également le défenseur des belles gens fortunés contre leurs ignobles bourreaux -je veux parler des pauvres ou prétendus tels- car fort souvent la veuve et l’orphelin se muent en loups. L’iniquité, la bassesse, l’injustice peuvent aussi habiter chez la veuve et l’orphelin (de génération en génération comme un système atavique ou bien  passagèrement) et je ne vois pas en quoi la veuve et l’orphelin seraient moins condamnables que les porteurs de gants blancs.

Politiquement cela me place autant à droite qu'à gauche, hors des extrêmes. Mais la politique ne m’intéresse guère. L’image publique que je renvoie à mes lecteurs ne me préoccupe pas. Mais s’il fallait me situer sur ce plan alors je dirai que je suis autant de droite et de gauche car je prends ce que j’estime être le meilleur dans chaque parti et laisse de côté ce qui me semble plus indigne. En général ce qui représente le meilleur dans chaque parti, ce sont les valeurs partagées par les uns et les autres. Pas toujours mais presque. C’est aussi simple que cela pour ne pas dire simpliste, et cela a peu d’intérêt du reste.

Je ne comprends pas que l’on puisse à ce point être curieux à propos à mes postions politiques. Ma plume est beaucoup plus passionnante à étudier que mes opinions de citoyen, savez-vous.

Il est certain Raphaël Zacharie de IZARRA que votre art littéraire est admirable. C’est même la raison essentielle de votre omniprésence sur la planète LITTÉRATURE. Alors parlons lettres : vous régnez incontestablement sur le web des lettrés mais vous êtes également très controversé. Les uns contestent la légitimité de votre statut de “souverain de l’écrit”, d’autres crient à la supercherie, persuadés d’avoir affaire à un comédien et non à un être sincère...

Ma particule parle pour moi. Je n‘ai rien à ajouter, rien à gagner, rien à perdre et n'ai pas à tenter de prouver quoi que ce soit à ce sujet. Ma particule est la plus éloquente des défenses, point.

Votre particule toujours et encore... Etes-vous sérieux Raphaël Zacharie de IZARRA ? (Sans se démonter –et là je le soupçonne d’avoir prévu son coup- il me sort comme par magie sa carte d’identité avec son nom, son prénom, sa particule...)

Cela vous suffit-il ?

Ce n’est pas ce genre de “preuve” que j’attendais Raphaël Zacharie de IZARRA...

Peut-être mais c’est celle que je vous présente, vous vous en contenterez.

Où puisez-vous votre intarissable inspiration ? Dans les livres, au cinéma, dans la rue ?

Soyons clairs, définitivement : je suis réellement inculte, ou quasiment. Je ne m’abreuve nullement de livres, je n’ai pas un goût prononcé pour la lecture en règle générale. Je ne cesse de le marteler ailleurs dans la presse : la littérature des autres ne m’intéresse pas. Ou si peu. De ma vie je n’ai presque rien lu. Des classiques j’ignore tout, à quelques rares exceptions près. Je ne m’intéresse pas à la littérature. Enfin pour être précis, à celle des autres. La littérature pour moi c’est comme les rêves : seuls les miens sont dignes d’être racontés. Ceux des autres sont sans le moindre intérêt. C’est ainsi que je fonctionne. Je passe beaucoup plus de temps à écrire qu’à lire.

Fondamentalement je suis un auteur, non un lecteur. Même si cela peut paraître incohérent voire prétentieux dans la mesure où l’on prétend que pour écrire il faut d’abord avoir beaucoup lu... Ce n’est pas vrai en ce qui me concerne. C’est ainsi, j’écris sans avoir lu. Certains trouveront peut-être cela mystérieux, pas moi. Entre écrire et lire, il n’y a aucune complémentarité à mes yeux, la première activité étant possible sans la seconde. Disons que la voiture incarne le lecteur et la route l’auteur, hé bien nul besoin d’avoir un permis de conduire pour se construire sa propre route. On peut fort bien créer une voie sans jamais prendre le volant de sa vie puisque le processus créatif de l’écriture n’a, du moins pour moi, aucun lien avec la démarche nettement plus passive que constitue la lecture. La différence entre la plume et le livre est aussi grande qu’entre la route et l’automobile.

La littérature n’est pas spécifiquement le fruit de ces deux activités mais le “simple” fait de se hisser au sommet du verbe, de la pensée, de la spiritualité, de la poésie, de l’art et de l’imaginaire avec les seules ailes de l’alphabet, et peu importent les conditions de cette ascension : avec ou sans lecture.
L’essentiel est d’atteindre le but.

Pour moi, c’est donc sans l’expérience de la conduite.
Aussi cheminé-je dans l’univers des mots sans permis de conduire, c’est à dire sans aucun bagage livresque, traçant ma propre route (que d’autres empruntent). Mes pieds suffisent pour avancer. Evidemment cette créativité spontanée n’est pas à la portée de tous.

Bien sûr n’importe qui est capable d’écrire sans avoir lu et même en ayant lu : on peut trouver à la tonne des exemples de littérature dupontesque chez la “Pensée Universelle”. Tout dépend de la définition que l’on donne au terme “littérature”...

Disons que j’ai les moyens de me passer des modèles. Moyens surnaturels si l’on peut dire. D’un point de vue extérieur car pour moi la chose va de soi.

On peut faire de la très mauvaise soupe avec de riches et abondants légumes et un potage excellent avec de l’eau, des cailloux et de la magie dans les doigts.

Et quels sont ces moyens qui vous démarquent si glorieusement des autres auteurs Raphaël Zacharie de IZARRA ?

C’est à la fois tout bête et inexprimable : je dors avec les muses

Ca nous le savions déjà. Mais encore ?

Hé bien lorsque je me réveille, voyez-vous, mon âme est légère, mon coeur vif, ma tête pleine d’étoiles, de lueurs nouvelles, de visions fulgurantes et de monstres magnifiques : l’alchimie littéraire s’est opérée au cours des songes.
L’oeuvre des muses.

Vos muses, ne seraient-ce pas ces illustres mortes qui semblent hanter vos pensées d’étrange esthète, dites-moi Raphaël Zacharie de IZARRA ?

Absolument pas. Quand j’évoque les muses, je parle réellement des muses communes aux gens de lettres, celles de la mythologie grecque. Je suis au premier degré ici.

Vous vous moquez encore du monde Raphaël Zacharie de IZARRA... D’où vous vient cette manie insupportable de toujours tout vouloir tourner en dérision, vous y compris ?

Non non non, je vous parle le plus sérieusement du monde. Je commerce réellement avec les muses de l’antiquité grecque. Ne me demandez pas de vous expliquer la chose, c’est ainsi. C’est un mystère. Ou un miracle comme vous voudrez. Vous savez la vie est faite de toute façon d’une succession de miracles. Et il n’y a pas de petit ou de grand prodige dans la Création : l’aile de la mouche, une poussière, une poire sont aussi extraordinaires qu’un astre, qu’une galaxie, qu’une casserole. Tous sont des amas d’atomes divinement organisés. Ou génialement façonnés par l’homme, je parle de la casserole. D’ailleurs si vous m’aviez interviewé en Grèce il y a deux mille ans vous n’auriez pas mis en doute mes dires et tout cela vous semblerait parfaitement banal n’est-ce pas ?

En effet. Dois-je pour autant croire que c’est là votre réponse définitive et que vos lecteurs devront s’en satisfaire ?

Certes.

Vos détracteurs repoussent sans nuance tout ce qui émane de vous mais les femmes vous font des avances, quel effet cela vous fait-il Raphaël Zacharie de IZARRA ?

Cela me fait un plein effet.

Et si je vous lançais un défi ?

Lequel ?

Voilà, ayant préparé cette interview depuis plusieurs jours j’avais d’autres questions pertinentes en réserve. Mais puisque visiblement vous semblez prendre tout cela à la légère, j’ai décidé d’adopter cette même désinvolture avec laquelle vous me traitez : ce sera ma dernière intervention si vous continuez à me répondre en vous moquant de moi et de votre lectorat. Donc, et c’est ma question, allez-vous oui ou non donner une allure plus scrupuleuse à cette interview monsieur Izarra ?

C’est bien le drame de ces interviews... On m’interroge, je réponds et nul ne m’écoute. Je dis des choses que je crois graves, vraies et belles et on préfère en rire. Ce n’est pas moi qui me moque du monde madame, c’est le monde qui se moque de Raphaël Zacharie de IZARRA.